(Ce billet fait l'objet d'un rectificatif dans un billet du 12/03/2010 suite à un changement de méthode. Les explications sont cependant toujours correctes)
Au camping kévano, en pleine saison, les campeurs sont placés suivant trois principes qui impliquent des tarifs différents :
1) La taille de la tente et le nombre de personne correspond au quota d'occupation : tarif normal.
2) Le client est membre du club kévano. Il n'y a pas de quotas : tarif club à l'emplacement.
3) Le client est dans les quotas mais il n'y a plus de place assez grande. Il peut accepter un emplacement trop juste pour lui et bénéficiera d'une réduction : formule "bonus".
En dehors de ces trois cas, en pleine saison, le placement des campeurs sera souvent impossible. Donner un emplacement trop grand pour deux personnes où nous aurions pu en placer 5 nous occasionne une perte conséquente. Au Kévano, nous acceptons les réservations et je cherche à satisfaire le plus de campeurs possible. Les réservations d'emplacements de camping représentent une perte et un travail énorme pour le faire sérieusement. J'ai donc instauré des quotas pour continuer à travailler de cette façon. Et ceci pour le bien de tous les clients qui l'ont demandé. Autrement, nous serions comme les autres.
Voici des expliquations à cela :
Au camping Kévano, la physionomie du terrain nous a empéché de faire des emplacements de 95m² d'un seul tenant. En trois étoiles, c'est la norme (véhicule compris). Il fallait choisir entre deux solutions : détruire la nature du terrain et faire des carrés de 95 m², ou suivre la nature et faire des emplacements multiples, c'est à dire 95 m² en plusieurs petites places. C'est cette option qui a été choisie, qui permet de camper souvent sans vis à vis avec son voisin, entre les arbousiers, les oliviers, les chênes lièges, le maquis et les rochers.
Ensuite le camping a ouvert, et les campeurs se sont installés. Evidemment, un campeur équipé d'une tente petite ou moyenne n'occupait pas la totalité de l'emplacement. Un autre campeur s'est bien sûr installé sur une autre partie. Nous avons alors choisi de louer nos emplacements de cette façon, en fonction des tentes. Surtout que les differentes parties de l'emplacement sont séparées. Comment refuser à un client une place sous prétexte qu'elle fait partie du même emplacement que le voisin, qu'on ne voit d'ailleurs même pas de l'autre côté d'un rocher ?
Un autre problème est apparu rapidement : la jalousie. Au début (et jusqu'en 2009), nous installions les campeurs nous même. Nous allions ensemble sur l'emplacement pour se rendre compte des possibilités. Et là, lorsque ce n'était pas possible, le client regardait autours de lui et se rendait compte que d'autres avaient pu s'installer avec une tente plus petite que la sienne sur un emplacement plus grand. Cela en a rendu furieux plus d'un et nous perdions notre crédibilité. Pire encore, après avoir essuyé un refus à la réception, des clients allaient se rendre compte par eux même si le camping était bien complet. Le constat était le même que le cas précédent et la bataille s'engageait à leur retour à la réception. Nous nous sentions bein obligés de faire quelque chose, et le casse tête commençait. Même si quelquefois des campeurs très courtois ont accepté d'échanger leur emplacement, cela n'est pas une solution et il est évident qu'il fallait faire quelque chose pour éviter ces situations désagréables.
J'ai donc décidé d'instaurer un quota d'occupation. J'ai inventorié 200 modèles de tentes et fait la moyenne de leur taille par rapport au nombre de personnes pour lesquelles elles étaient prévues. Cela m'a donné 3 m² par personne. Deux personnes devraient donc avoir une tente d'à peu près 6 m². Ensuite, pour l'espace vie (tables, chaises, coin cuisine, hamac...) j'ai rajouté une moitié de tente. Les mêmes deux personnes ont donc droit à une surface avoisinant les 9 m². Et ainsi de suite pour 3, 4 personnes ou plus. Ceci est bien sûr valable uniquement en pleine saison (juillet-août), lorsqu'il faut gérer les emplacements. Hors saison, c'est libre.
Mais comme il y a toujours des exceptions, il fallait donner la possibilité aux campeurs qui le souhaitent, d'avoir plus que le quota imposé. J'ai alors créé le club Kévano réservé aux anciens clients du camping. C'est alors lui qui choisit son emplacement, et les problèmes de quotas n'existent plus car il paye son emplacement, quelle que soit sa configuration. Ainsi, je peux dire aux client mécontent que je cite ci-dessus que si un emplacement est pris alors qu'il lui conviendrait mieux, c'est parceque le campeur qui est dessus est membre du club et qu'il a payé pour choisir ce qu'il voulait. Je pourrai également lui préciser que son tour viendra lorsqu'il sera memebre du club, mais en général un campeur n'étant pas satisfait de son séjour ne revient pas. De plus, être membre du club implique un certain état d'esprit. Les membres actuels du club n'ont jamais réclamé quoi que se soit, mais ont plutôt cherché à faire évoluer le camping par de simples suggestions, car ils se sentaient chez eux.
Pour terminer, il était logique de proposer une formule pour les plus désavantagés, à l'inverse du club. C'est la formule "bonus". Si un client rentrant dans mes quotas accepte de camper sur un emplacement trop juste pour lui, il se verra appliquer une réduction de 5%. Ceci pour compenser le fait qu'il n'avait pas beaucoup de place pour sa table, ou qu'il a monté sa tente à moitié sur un rocher.
Mon conseil est toujours le même pour pallier ces problèmes d'occupation : prenez des petites tentes. Il est inutile d'avoir des "mini villas" pour camper. En Corse, il fait beau en été, il est inutile de s'abriter, on vit dehors. En revanche, je ne suis pas responsable de la météo.
Peut être à bientôt, au Kévano.
Serge.
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